Qui sommes-nous?

L’histoire commence en 2007 quand Noël Maixent président de l’Association du Musée de la Mérine à Saint-Césaire, décide de faire un petit journal pour ses adhérents : vingt-quatre numéros ont été ainsi édités.
Pour ceux qui ne le savent pas, la Mérine c’est la Marraine, comme dans la célèbre pièce de théâtre du Docteur Jean « la Mérine à Nastasie », et le Boutillon c’est le panier en jonc ou en osier qu’elle porte au bras quand elle va faire son marché. Et le Musée de la Mérine c’est un endroit magique que vous pouvez visiter en nous envoyant un message. Il se situe au village des Bujoliers à Saint-Césaire. Dans ce musée, se trouvent les appartements de l’ancienne propriétaire, Célina, notamment la cuisine, organisée comme dans la pièce du Docteur Jean la Mérine à Nastasie. Et dans le petit jardin trône un buste de l’auteur de la pièce.
Lorsque l’association du Musée de la Mérine est dissoute, en décembre 2012, l’idée est venue de transformer ce document papier en journal internet. C’est Pierre Péronneau qui s’y colle. Après les vingt-quatre journaux « papier », le numéro 25 et les suivants sont adressés par internet.
L’objectif est de faire vivre la culture saintongeaise en collectant des informations sur les évènements qui se déroulent dans notre Province, sur un plan festif, social ou autre, en menant des enquêtes, sans oublier bien entendu notre patois saintongeais.
Le succès est immédiat et dépasse les limites de la Saintonge et de l’hexagone.

Enfin le Boutillon se modernise, et Benjamin Péronneau crée le site internet et la page Facebook.
De plus en plus d’auteurs écrivent dans notre journal, contribuant à maintenir son succès. Charly Grenon, véritable mémoire de la Saintonge, s’implique à fond dans notre journal.

A vous maintenant de donner votre avis, de commenter nos articles et également de proposer des textes pour alimenter notre journal. Le « Boutillon de la mérine » est votre journal.

5 réflexions au sujet de « Qui sommes-nous? »

  1. chardan pascal

    bonjour,grace a mon cousin et voisin jhustine qui m’a fait decouvrir ses activités militantes pour promouvoir ,distinguer et proteger le patois charentais des autres langues locales jadis parlées et eviter les confusions et autres melanges ;j’ai telechargé quelques boutillons parus précédemment sauf que je n’ai pu obtenir les n°28 à 31 et les n°33 à 38;un probleme se passe lors du chargement en PDF ,le téléchargement se bloque à mi-parcours;si vous pouviez me les faire parvenir en pieces jointes o f’ris beun moun affeire.
    Merci

  2. gassouillaud

    Bien heureux de découvrir le boutillon. Comme presque tout le monde ici, j’ai été un bon petit drôle de cette partie de la Charente qui n’est pas tout à fait la Saintonge ni l’Aunis mais qui s’en approche. Mon lieu de naissance à moi, c’est Luxé, à mi_distance d’Aigre et de Mansle. Quand on est à Aigre, on n’est pas loin de la Charente-Maritime. Je garde le souvenir attendri des voyages que nous faisions chaque été dans la Simca 8 paternelle pour aller rendre visite à Tonton Roger et Tante Elise qui vivaient à La Rochelle. C’était pour nous, enfants, un vrai bonheur. Mon enfance à Luxé fut une période bénie. Jamais je n’ai retrouvé autant de plaisir dans ce qui fut ma vie d’après. Imaginez un petit village de 709 habitants, pratiquement tous agriculteurs, menant une vie comme on devait la mener depuis des centaines d’années, au rythme de la cloche de l’église. Il y avait des figures pittoresques que nous croisions chaque matin sur le chemin de l’école. Celle qui m’a sans doute marqué le plus était Fernand, le domestique de la ferme Cailler qui menait ses vaches au champ hiver comme été, vêtu de la capote militaire et du calot qu’il avait ramenés de son service et qu’il a dû porter jusqu’à l’usure complète. Il y avait aussi la boulangerie Régnac devant laquelle nous passions, et comme nous avions toujours quelques minutes à perdre avant d’entrer dans l’école, nous descendions jusqu’au fournil, attirés par la lumière des flammes du four et aussi par la promesse d’un morceau de pain chaud que Bertin, le commis mitron porte-pain nous donnait généreusement. Ensuite, nous passions devant l’atelier du maréchal-ferrant Boux, devant la place de l’église. Il y faisait noir, et nous avions un peu peur de nous y aventurer. Puis nous arrivions à l’école. Je suis passé par toutes les classes d’alors, les petits dont était responsable Madame Gruaud qui nous terrorisait, les moyens de la bonne Madame Gasquet qui était pour nous plus une mammie qu’une maîtresse, et les grands que Georges Chabanais menait d’une main de fer mais grâce à qui nous progressions sur la longue route du savoir. Ces années d’école furent à ce point importantes pour moi que je ne les ai jamais oubliées, et je garde pour mes anciens maîtres une reconnaissance qui ne passera pas. (à suivre, mes amis)

  3. gassouillaud

    Quand j’étais drôle, dans les années cinquante, les vieux de soixante-cinq ans et plus, parlaient le charentais. Je me souviens que lorsque nous allions à la foire de Luxé ou à celle de Mansle, on entendait les cultivateurs et les marchands de bétail parler le patois. Mais les générations plus jeunes ne pratiquaient plus cette langue. Il restait, bien sûr, un accent, des intonations, des mots, des expressions, des tournures de phrases héritées d’un lointain passé linguistique, le tout mis à la sauce française. On disait « se déjobrer la goule », mais sans le « jh » guttural typique du parler saintongeais (« saintonjhais »). A la cantine, Madame Bourdier qui faisait la cuisine pour une trentaine de drôles et de drolesses, nous servait ses « monjettes », alors que les vieux, eux, parlait de « mojhettes ». On disait fréquemment d’un enfant remuant qu’il était toujours en train de « nijasser » (et non plus nijhasser »). Le démonstratif « thieu/thielle/thiellés » était francisé en « queû, quel, quelle, quélés, quellées »: queû chétî drôle, quelle drôlesse. Le pronom gardait la forme « queû-là », survivance de « thieu-la-la »: « Doune z’ou à queû la qui n’en voudra ». Progressivement, la vieille langue charentaise s’était affaiblie, grignotée par le français appris à l’école, et sans doute aussi par l’influence de la radio qui commençait à entrer dans les foyers et aussi par le brassage social que causait le service militaire. J’avais quelques copains qui, au grand désespoir de notre institutrice, continuaient de prononcer « ant » la terminaison -ent de la 3ème personne du pluriel: « ils mangeant », ou plus joliment encore: « Tê, les v’la qui v’nant » ! » Un de mes petits copains est mort en 1951 d’une péritonite non soignée. L’hôpital d’Angoulême était à 35 kilomètres et la clinique de Ruffec n’était pas gratuite. Et comme tout thieu coûtait de la mounnaie, m’en doute!, on avait gardé le drôle à la maison, espérant qu’il guérirait. Hélas, ce ne fut pas le cas. Et j »entendrai toujours la maman qui n’en démordait pas expliquer aux visiteurs le matin de l’enterrement: « Tourne z’ou, vire z’ou, o l’est le maû qui l’a tué ! » Une de nos vieilles voisines qui passait ses journées à tricoter sans jhamais vouèr le bout d’soûn ouvraghe nous disait toujours à mon frère et à moi: « Mais est-ô qu’vout père a pas assez d’arghent peur vous ajheter des souyers, les drôles, que vous marchez de meime à pied de chaussettes ? mais vous allez avouèr des creux dans vous chausses, mes pauves effants! » Notre institutrice essayait de nous faire renoncer à « monter dans une chaise ou dans une échelle » ou à mettre des pantoufles « dans nos pieds ». En hiver, ma grand-mère nous conseillait de « mettre quelque chose dans nos bras », ce qui voulait dire mettre un gilet. Toute mon enfance, j’ai entendu ainsi des mots et des expressions qui sentaient bon une autre époque, une autre forme de société, une autre vie, un peu comme ces ruines qui sont les témoins muets d’un âge disparu. Ces mots, ces expressions, je les ai conservés, mais ce ne sont plus que des vestiges. Quand je suis entré au Lycée, ce fut en quelque sorte une rupture avec ce petit monde rural de mon enfance. Puis les années soixante ont fait le reste. Ce fut l’entrée dans le monde de la modernité, de la technique, de l’industrialisation à marche forcée, le début de l’exode rural, la fin de tout un monde. La télévision s’est invitée dans les maisons et elle a chassé ce parler savoureux que Raymond Doussinet a si bien évoqué dans ses différents ouvrages. Il restait bien quelques patoisants, mais le temps les a emportés. Comme disait Pierre Dac, parlant de la fuite inexorable des années: « Plus le temps passera, moins on trouvera de Français qui ont connu Napoléon vivant ! » Et moins on trouvera de Charentais capables de retrouver quelques mots de leur ancienne langue. Aujourd’hui, noûs drôles causant étranjher, anguyais ou espagnol, à la mode. O l’est pas peur causer le chérentais qui qu’neûssant s’ment pas. Y z’auriant trop d’jhonte .

  4. gassouillaud

    Comme je l’ai dit, les hommes et les femmes de plus de soixante ans parlaient le charentais. Les plus jeunes et les drôles avaient appris des mots et des expressions qu’ils utilisaient dans la conversation courante. Dans les années 50, la transmission orale fonctionnait encore. A l’école, nous avions un copain qui habitait un hameau des environs de Luxé qui s’appelait Séhut. Ce gamin ponctuait toutes ses phrases de « fan de louc » ou de « fan de cheûn » comme il entendait ses parents le faire, et la bonne Madame Gasquet lui en faisait l’observation à chaque fois. « Voyons, Jean-Claude, ce n’est pas comme cela qu’on dit, même si ce sont tes parents qui le disent; ce n’est pas convenable. » Et Jean-Claude de répondre: « Mais, Madame, i disant pas teurjou de meime, i disant otou « fan de guiarce » ! »
    Le jeudi était jour de catéchisme, et votre serviteur était l’un des meilleurs élèves de Monsieur le Curé Freycine. Une belle figure de prêtre, Monsieur l’Abbé. Imposant dans on impeccable soutane noire, avec le camail qu’il portait sur les épaules, ce qui montrait qu’il était aussi Curé doyen et Chanoine. Il avait été Econome et aumônier au Collège Saint-Paul d’Angoulême et il avait gardé une autorité et une distinction naturelles qui nous en imposaient. Son pince-nez à monture d’argent ajoutait encore à la distinction de sa personne. Pauvre Monsieur le Curé ! Il eut beaucoup de mal à obtenir de Jean-Claude et d’un certains nombre d’autres drôles qu’ils prononcent correctement le mot catéchisme qu’ils articulaient « catéjisse ». Il nous avait préparés avec beaucoup de sérieux pédagogique, assorti parfois de coups de règle, à la « grande communion », et il nous avait promis de nous emmener à Angoulême voir Monseigneur l’Evêque qui, nous avait-il dit, était un bon ami à lui. Jean-Claude, goule badée comme s’il avait vu le Saint-Esprit, n’avait pas pu s’empêcher de lâcher un « fan de cheûn » qui avait fortement indisposé Monsieur le Curé. « J »espère que tu sauras tenir ta langue devant Monseigneur », avait-il dit d’un ton assez sec pour figer sur place thieu malhûreux drôle qui doit s’en souvenir encore. Jean-Claude et un autre drôle du « catéjisse » avaient appris une petite ritournelle qu’il s’empressèrent de nous faire découvrir en vue de mettre un peu d’animation dans le car qui devait nous emmener à Angoulême pour rencontrer Mgr Mégnin. Vous la connaissez peut-être, c’est la chanson du Curé de Vindelle: « Le curé de Vindelle / Assis sur une bouteille, / Se trouva tout ému / En se grattant le… / Curé de Vindelle / Assis… etc. etc. Cette aimable bluette vint aux oreilles de Monssieû de Thiuré qui préféra faire savoir aux parents de Jean-Claude que le jeune malappris serait privé de visite épiscopale. Fan de guiarce, o l’a dû barder à la méson, m’en doute ! Toujours est-il que J-C vit sa grande communion lui passer sous le nez et qu’il fut condamner à redoubler sa dernière année de « catéjhisse ». La suivit-il ou non ? Je ne l’ai jamais su car à la rentrée suivante, j’étais interne au Lycée d’Angoulême en classe de 6ème. Monsieur le Curé, quand il a su que j’allais entre en Sixième, voyant sans doute en moi un futur bachelier, me donna mes premières notions de latin , et ma foi, cela me réussit plutôt bien car je fis tout mon cursus scolaire en section classique et je continuai d’étudier le latin en Hypokhâgne.

  5. gassouillaud

    « un certain nombre », pas de -s à certain
    « condamné » et non « condamner » à redoubler
    Asthiusez me, o l’est pas que je seûs dev’nu bête aveuc l’âghe; o l’est mes dets qu’allant pus vite que ma pauve teîte !

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